49 • « Varengeville », 001, 002 • Jardin privé sur la côte normande. (Fr) (Visitable sur rendez-vous) • Pays. : Pascal Cribier, avec la collaboration d’Éric Choquet et de Robert Morel, (depuis les années soixante-dix) • (Pdv 2012)

Le dessein du dessin

« ... Si nos plans de chantiers sont réglés au millimètre, c’est pour révéler la beauté intime du végétal. Cette obsession des franges et des limites vient du fait qu’elles sont parmi les critères qui différencient jardin, nature et paysage. Si la nature n’a pas de taille et qu’elle existe à toutes les échelles spatiales et temporelles, si le paysage est lui aussi sans limite, puisqu’il peut même devenir maritime, le jardin s’inscrit dans une parcelle définie et cherche toujours à paraître plus grand qu’il n’est réellement. En ce sens, le jardin n’est en aucun cas, une réduction du paysage. Il est le lieu où l’on se laisse absorber par la contemplation du vivant éphémère. » Pascal Cribier, «  Itinéraires d’un jardinier » (Xavier Barral Ed. Paris, 2009). De tous ses savoirs, il en est un qui distingue particulièrement le paysagiste : celui de la maîtrise de l’espace. C’est grâce à cette excellence que le jardin peut se transformer de territoire pour le regard, en aire de circulation et d’agrément. Savoir ordonner les volumes, en déterminer les masses nécessaires avec précision, tendre une courbe dans son tracé, creuser des perspectives et composer des rythmes grâce à la connaissance des plantes, sont des impératifs qui ordonnent la symphonie du vivant que le visiteur interprètera selon une partition écrite avec suffisamment d’élégance pour en vivre le ravissement.
La structure détermine le futur du jardin, plus encore que l’harmonie des espèces. Si le dessin est trop fragile, son être profond aura bien du mal à garder sa tenue.