27 • Jardin du Carrousel, 002 Paris (75001) (Fr.) • Pays. : Jacques Wirtz. (Depuis 1991), sculpture de Maillol • (Pdv 2009)

Une pérennité trompeuse

Cette image sereine semble représenter un Paris immuable, d’une pérennité affirmée. Pourtant, lors d’un entretien récent, le paysagiste Louis Bénech me disait, parlant des Tuileries (mitoyennes de ce jardin), qu’il a réhabilité avec Pascal Cribier : « Écoute, lorsque Le Nôtre a fait les Tuileries, la rue de Rivoli qui le longe désormais n’existait pas, la Seine était un ruisseau putride durant l’été, la place de la Concorde un marécage. Il n’y avait donc pas d’obélisque, ni Champs-Elysées, et donc encore moins l’Arc de Triomphe à l’horizon. Alors la pérennité du jardin ? Disons qu’il a à peu près l’espérance de vie du jardinier, ce qui n’est déjà pas si mal. » Dans l’aménagement de ville, corps changeant s’il en est, aucun paysage n’est figé. De nombreuses évolutions y laissent des traces successives qui tiennent compte de l’usure des formes, des matériaux et des goûts. Contrairement à la société japonaise qui reproduit à l’identique depuis des siècles, ses jardins les plus célèbres, le paysage européen ne cherche pas l’éternité. Il s’écrit dans une temporalité de l’instant. Par définition, changeant et évolutif, comme le végétal qui en est le premier occupant.